Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
9 : Un premier pas de fait.
Lorsque
Harry reprit connaissance, il ne vit, tout d’abord qu’une vaste tache blanche
et floue qu’il n’eut aucun mal à identifier… ! Une fois de plus, il se
retrouvait à l’infirmerie…, avec un mal de tête épouvantable qui n’était,
d’ailleurs, pas arrangé par des éclats de voix, un peu plus loin. Il prêta
distraitement l’oreille, pour suivre la conversation…, qui était, en fait, plus
une dispute qu’autre chose… ! Il ne tarda pas à identifier les personnes à
qui appartenaient ces voix… Intrigué, il tendit machinalement le bras vers la
table de chevet, avant de se rappeler qu’il n’avait plus besoin de ses lunettes.
Il se frotta les yeux et, une fois sa vision plus nette, il eut la confirmation
de ses suppositions en apercevant, à quelques pas de là, les deux Préfets de
Gryffondor. Harry sourit en songeant que jamais Madame Pomfresh n’aurait toléré
une telle situation…
«-
J’ai autant le droit d’être là que toi, Potter… ! répliqua, avec colère,
Lily. Il n’y a pas écrit propriété de James Potter à ce que je sache… ! Et
puis, si ce n’était pas pour prendre des nouvelles de Harry, je me serai bien
passée de ta compagnie… !
- Oh, Evans joue les Préfètes soucieuses, à
présent… ? rétorqua, moqueur, James, la main droite entourée d’un bandage.
- Moi, au moins, je me préoccupe de sa
santé… ! Toi, tout ce qui t’intéresses c’est que ton Attrapeur s’en tire
sans trop de dégât… ! Tout ce qui t’importe c’est gagner les matchs de
Quidditch et rien d’autre…, à part faire des blagues… !
- Et alors… ? Et puis, mêle-toi de ce
qui te regarde, Evans… ! Je ne vois même pas pourquoi je perd mon temps
avec toi… !
- Je me posais la même question… !
répliqua Lily. Pourquoi je continue à parler à un entêté stupide et carrément
immature qui, en plus de cela, n’est qu’un Préfet incompétent, irresponsable,
macho, et qui a un ego format XXL… ?
- Et toi, ça te vas bien de parler, la
“Miss-je-suis-parfaite-et-je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde-et-j’en-suis-fière-et-je-suis-sans-aucun-sens-de-l’humour”
et qui ne sait faire que s’enfermer dans la Bibliothèque et jouer les Préfète
autoritaire et outragée… ! » rétorqua James, prenant une petite voix
aiguë et des grands airs dans une parodie qui, dans d’autres circonstances,
aurait fait sourire Harry.
Harry
vit que Lily, visiblement hors d’elle, allait dire quelque chose, mais se
ravisa soudain. Les deux Préfets restèrent longtemps à se défier du regard.
Soudain, elle se détourna brutalement et quitta à grand pas l’infirmerie, sous
le regard plus qu’indéchiffrable de James.
* * * * *
Lily
se retint à grande peine de claquer la porte derrière elle. Elle traversa
vivement divers couloirs
sans cesser de maugréer toutes sortes de qualificatifs peu flatteurs pour
James. Mais, pour l’instant, elle s’en souciait complètement. Elle ne s’arrêta
qu’une fois près du lac, se laissant choir sur la rive déserte. Elle venait
souvent ici, principalement quand elle avait besoin de se calmer…, comme
aujourd’hui… Sa querelle avec James l’avait irritée bien plus que d’habitude…
Comme
à chaque fois, dans ces circonstances, elle prit quelques petits cailloux qui bordaient
la rive du lac et entreprit de les jeter, les uns après les autres, le plus
loin possible. Mais, aujourd’hui, pourtant, elle n’avait pas le cœur a essayer
de faire des ricochets.
« Potter… !
Toujours Potter… ! grommela-t-elle, agacée. Pourquoi… ? Pourquoi
lui… ? »
Depuis
quasiment le début de la première année, ça avait toujours été comme ça… Dès
qu’ils se trouvaient à proximité, il ne se passait pas une fois sans que, au
mieux, le ton ne monte… ! Lily ne comptait plus le nombre de fois où elle
l’avait giflé… ! Mais, aussi, il avait vraiment le don de la mettre hors
d’elle… ! Et les commentaires permanents de ses deux meilleures amies
n’étaient pas pour arranger les choses… ! En effet, celles-ci s’étaient
mises en tête qu’ils étaient fait l’un pour l’autre… !
Imaginant
une telle situation, Lily ne pu s’empêcher d’éclater de rire… ! C’était
plus que risible… ! Elle, Lily Evans, aimer Potter… ? C’était
inimaginable… ! Et pourtant… !
Si
c’est vrai, pourquoi t’obstines-tu à refuser les invitations des autres
garçons… ?
Et
voilà que sa conscience s’en mêlait… ! Il était vrai que ce n’était pas le
choix qu’il lui manquait, mais elle avait toujours refusées les demandes que
lui faisaient plusieurs des garçons de l’école, les quatre maisons confondues… !
Mais c’était plus fort qu’elle… !
Elle rougit en repensant à la fois
où deux mois plus tôt, elle avait envoyée balader le garçon dont toutes les filles rêvaient de
sortir avec elle… Dave était venue la voir, alors qu’elle était à la
bibliothèque et lui avait demandé… Et elle, sans même relever les yeux de son
livre, s’était contenté d’un “non” tout ce qu’il y avait de plus catégorique…
Et, depuis, il ne lui avait plus adressé la parole, visiblement offensé, et
elle n’avait, d’ailleurs, pas non plus cherchée à aller s’excuser.
Bien
sûre, elle avait évitée d’en parler à Amy et Elsa mais c’était sans compter sur
tout le “fan club” du septième année de Serdaigle… La rumeur s’était rapidement
répandue dans toute l’école et, quelques heures plus tard, toutes les filles de
Poudlard la regardaient comme si elle était devenue folle… Mais tout cela, elle
s’en fichait, tout comme des moqueries des Maraudeurs qui s’étaient dépêché de
venir rajouter leur grain de sel à la situation qu’ils trouvaient très
amusante… ! Enfin, du moins, c’était le cas pour Sirius et James… !
Ce jour-là, ces deux-là l’avaient tellement agacées qu’elle leur avait mis une
gifle à chacun avant de repartir à la bibliothèque… ! N’empêche, en y
réfléchissant, elle regrettait un peu de n’avoir pas, au moins, pris le temps
de réfléchir, lorsque Dave était venue la voir… ! Parce que, même Elsa et
Amy s’accordaient à dire qu’il était trop mignon… !
Potter aussi est pas mal dans son
genre… !
Et
voilà que sa conscience remettait ça… Lily se hâta de chasser cette pensée de
son esprit… Potter était tout, sauf mignon… !
Tu
te ment à toit-même… !
Décidément,
si même sa conscience se mettait à la narguer… Elle soupira.
« Je
ne me ment pas à moi-même… ! Je ne l’aime pas, c’est tout ! »
s’exclama-t-elle.
Tu
parles… !
« Ferme-la… ! »
Pas
tant que tu n’accepteras pas l’évidence… ! Tu as quand même eu
peur, ce matin, quand il s’est retrouvé projeté de son balai… !
Là, Lily ne trouva rien à redire,
repensant à ce qui c’était passé… !
* * * * *
«-
Lily, tu es sûre que tu ne veux pas venir voir le match ? insista Elsa.
- NON ! répéta, pour la énième fois, Lily,
allongée sur son lit, tout en essayant de se concentrer sur son livre de Sorts
et enchantement.
- Allez, ça fait cinq ans que tu refuse
obstinément à aller voir les matchs… ! rétorqua Elsa. Bon, d’accord, c’est
vrai que c’est un peu brutal, mais il y a toujours une super ambiance sur le
terrain… ! D’autant
plus quand Gryffondor est aussi bien parti pour gagner le match, et la
coupe… !
- Et puis, on pourrai enfin voir comment se débrouille le
nouveau… ! ajouta Amy.
- Mais vous n’avez qu’à y aller, vous… !
riposta Lily. Je n’irai pas un point c’est tout… ! Je déteste le Quidditch
et j’ai un livre à lire… !
- Un livre que tu connaissais par cœur avant
même la rentrée des classes ? commenta, sarcastique, Amy. Tu es capable de
le réciter les yeux fermés, alors… !
- Et alors, qu’est-ce que ça peut faire… ? Je n’irai pas voir
ce match et la discussion est close… ! Alors, vous feriez bien d’y aller
si vous ne voulez pas rater le début… ! » conclu Lily, avec mauvaise
humeur, en laissant son livre sur son lit et en passant, sans un mot de plus
devant ses deux amies pour quitter la pièce.
Amy
et Elsa échangèrent un regard entendu…
«-
Et elle est repartie à la bibliothèque… ! commenta Amy.
- Oui… ! soupira Elsa. Bon, c’est pas encore
aujourd’hui qu’on la convaincra… ! Mais, comme elle l’a dit, on va finir
par rater le match… ! Remus a promis de nous garder des places alors
autant ne pas trop traîner… ! »
Sur
ce, elles avaient quitté à leur tour le dortoir des filles de sixième année,
tandis que leur amie partait, en effet, pour la bibliothèque qui était encore
plus désert que de coutume… !
Mais,
au bout d’une heure à
essayer, vainement, de se concentrer sur le vieux bouquin qu’elle avait pris,
elle soupira et se prit la tête entre les mains. La petite discussion qu’elle
avait eu la veille avec Harry lui revint à l’esprit. Il avait eu l’air déçu
quand elle lui avait dit qu’elle ne viendrait pas au match. En fait, elle était
bien incapable de dire ce qui la décida à y aller mais, quoi qu’il en soit,
après avoir rangé le livre, elle gagna le terrain de Quidditch.
Elle n’avait vu
jouer qu’un seul match, le tout premier de sa première année mais cela suffit à
lui indiquer que quelque chose n’allait pas. Dans les tribunes, les Gryffondor
paraissaient horrifiés, bien plus que les Poufsouffle et les Serdaigle, tandis
que les Serpentard, eux, paraissaient amusés par ce qui se passait sur le
terrain. Prise d’un mauvais pressentiment, figée dans l’ombre des plus proches
tribunes, elle leva les yeux vers le terrain. Elle sentit aussitôt son sang se
glacer dans ses veines. Un des joueurs de Gryffondor était suspendu dans le
vide, cramponné tant bien que mal à son balai, alors qu’un cri horrifié
s’élevait dans les tribunes rouges et or. Les autres joueurs de sa maison se
tenaient en dessous de leur camarade en difficulté, ne sachant visiblement pas
quoi faire. Elle ne put s’empêcher de frémir en identifiant celui qui se
trouvait en mauvaise posture… : Potter… ! Au même instant, là-haut,
le Capitaine de l’équipe, heurté par un Cognard, lâcha prise.
« Oh
non ! » souffla-t-elle, figée, paralysée par ce qui se passait.
Sur
le terrain, les joueurs paraissaient tous aussi incapables de faire un geste,
tous, sauf un… ! Effarée, la jeune fille vit l’un des joueurs, qui se
trouvait alors légèrement plus haut que ses coéquipiers, piquer soudainement,
droit sur la trajectoire de James, alors que des hurlements retentissaient
parmi les spectateurs.
«-
Il n’y arrivera jamais… ! murmura-t-elle, les mains devant la bouche.
- Calaway vient d’amorcer un piqué phénoménal
pour essayer visiblement de rattraper Potter… ! »
Lily
sursauta à cette remarque de Mondingus qui était chargé des commentaires de
match, un peu choquée par le fait que malgré la gravité de ce qui se passait
sur le terrain, il continuait, comme si de rien n’était, ses commentaires. Mais
des cris s’élevant des tribunes ramenèrent l’attention de Lily sur ce qui se passait sur le
terrain. Harry venait d’attraper James par le poignet, et fut aussitôt happé vers le sol… Lily frissonna en
voyant les efforts désespérés du nouveau, pour essayer d’éviter le pire. Elle
regrettait amèrement de ne pas avoir sa baguette sur elle… Mais, après tout,
aucune personne sensée ne penserai à se munir de sa baguette pour assister (ou
participer) à un match de Quidditch…
« EH,
UN COUP DE MAIN SERAI PAS DE REFUS… !!!!! » hurla soudain Harry.
Cette
remarque sembla alors décoincer ses coéquipiers qui piquèrent aussitôt pour lui
prêter main forte… ! Mais ils n’arriveraient jamais à temps… ! Lily
vit avec effroi les deux joueurs en difficulté se rapprocher bien trop
rapidement du sol… Cinq mètres… ! Quatre mètres… ! Deux
mètres… ! Un nouveau cri de terreur s’éleva dans les tribunes quand tout
d’un coup…
Lily
se frotta les yeux, se demandant si elle ne rêvait pas… L’espace d’une fraction
de seconde, quelque chose semblait avoir entouré le nouveau, une sorte de lueur
écarlate, mais c’était trop fugace pour que Lily puisse savoir ce qu’elle
venait de voir, et puis ce n’était peut-être qu’une illusion d’optique, du fait
de la robe rouge des joueurs… ! Elle réalisa alors que, tout d’un coup, la
chute des deux garçons semblaient avoir considérablement ralentie…à moins d’un
mètres du sol… Et, au même instant, les autres joueurs de Gryffondor surgirent
pour prêter main forte à leur Attrapeur.
Lily
ne réalisa qu’elle avait bloqué sa respiration que lorsqu’elle vit avec
soulagement, les six joueurs déposer leur Capitaine sur le sol, sain et sauf,
alors que des cris de joie s’élevaient dans les tribunes. Lily, rassurée,
allait s’avancer pour prendre des nouvelles, lorsqu’elle vit tout d’un coup
Harry chanceler et tomber au sol.
«
Oh mon dieu… ! » souffla-t-elle, en se précipitant vers le petit
groupe en rouge, qui avait aussitôt entouré leur camarade, l’air inquiet.
Elle les rejoignit rapidement et se
glissa jusqu’à l’Attrapeur inconscient.
«-
Evans ? Mais qu’est-ce que… ? s’étonnèrent alors, en chœur, les
autres.
- C’est pas le moment… ! coupa-t-elle.
L’un de vous sait ce qui c’est passé… ?
- Non… ! répondit Sirius. Je le
remerciai pour avoir sauvé la vie de James et, tout d’un coup, il s’est
effondré… !
- Est-ce qu’il est… ? s’inquiéta Elvire,
d’une voix blanche, alors que Lily cherchait le pouls de l’adolescent.
- Il n’est qu’inconscient… !
assura-t-elle. Mais il faudrait attendre que McGonagall arrive… ! On
devrait l’emmener à l’infirmerie… !
- Eh, c’est pas croyable… ! s’exclama
soudain François. Malgré les circonstances, il n’a pas lâché le Vif… !
ajouta-t-il, en désignant le poing crispé de leur Attrapeur, la main avec
laquelle il s’était tenu à son balai durant toute la chute.
- Le moment est mal choisi pour se soucier de
savoir qui a gagné le match… ! » intervint
sèchement James.
Lily,
étonnée par le ton employé par le Gryffondor(mais aussi par ce qu’il venait de
dire), leva les yeux vers lui. Il était pâle comme un cachet d’aspirine et
tremblait, l’une de ses mains en sang (probablement dû au Cognard) et fixait
celui qui venait de lui sauver la mise avec inquiétude. Pour la première fois,
elle le voyait d’une autre façon… il n’était plus l’adolescent immature qui ne
pensait qu’au Quidditch… ! L’espace d’un moment, leur regard se croisèrent…
« Ecartez-vous… ! »
intervint alors la voix soucieuse de McGonagall, ramenant ainsi Lily à la
réalité.
Un
peu plus tard, Lily était à l’infirmerie, attendant, en compagnie de James
(L’infirmière avait refusé la présence des autres Maraudeurs et avait difficilement toléré la présence
de Lily (son sérieux et son calme, ainsi que son statue de Préfète ayant joué
en sa faveur)mais avait, tout net, interdit l’accès aux Maraudeurs et aux
joueurs de l’équipe, malgré les protestations de ces derniers), que Pomfresh
ait fini d’ausculter le nouveau. Nerveuse, sans trop savoir pourquoi, incapable de tenir en
place deux secondes, Lily se demandait pourquoi l’infirmière prenait tant de
temps. Elle ne s’immobilisa qu’en se rappelant la présence de James, qui était
assis sur un lit et l’observait d’un air intrigué. Une fois de plus, leur
regard se croisèrent.
«-
Au fait, Potter, comment va ta main… ? demanda-t-elle, doucement.
- Je l’ai déjà connue dans un état plus
reluisant… ! soupira-t-il. Mais je m’inquiète moins pour ma main que pour
Harry… !
- Il t’a sauvé la mise sur ce coup-là… !
observa Lily. Je me demande ce qu’il a… !
- Je ne pense pas que Pomfresh acceptera de
nous le dire… ! » commenta James, l’air las et toujours aussi pâle.
Au
même moment, on frappa à la porte et Pomfresh alla ouvrir. De là où elle était,
Lily aperçu le directeur de l’école, l’air inquiet, qui s’entretenait à voix
basse avec Pomfresh.
«- Dumbledore est là… !
murmura-t-elle.
- Ca doit être sérieux, alors… !
commença James avant de s’interrompre lorsque le directeur pénétra dans la
pièce, accompagné de l’infirmière.
- Alors, qu’est-ce qu’il a ? »
s’inquiéta Lily.
Le
vieil homme sembla alors réaliser leur présence et, à l’étonnement des deux
adolescents, sourit étrangement.
« Lily
Evans et James Potter… ! commenta-t-il, ses yeux bleus pétillants derrière
ses lunettes en demi-lune. Et bien, votre… nouveau condisciple a simplement
fait un effort trop important pour lui et son corps ne l’a pas supporté… !
Il a besoin de repos… ! Au fait, James, le professeur Bibine a récupéré
ton balai mais les professeurs vont le soumettre à quelques contre-sorts, pour qu’on comprenne
ce qui a pu se
passer… ! »
L’intéressé
acquiesça d’un léger signe de tête.
«-
Tu as eu de la chance que votre nouvel Attrapeur aie des réflexes aussi fulgurants… !
- Et je ne le remercierai jamais assez pour
ça… ! répondit James avec un maigre sourire. Alors, il va s’en
sortir… ?
- Oui… ! Il faut juste lui laisser le
temps de récupérer… ! assura Dumbledore.
- Bon, Potter, je vais m’occuper de votre
main… ! intervint alors Madame Pomfresh, après avoir fini de s’occuper de
Harry. Par contre, je veux que vous restiez en observation, au moins pour la
journée, Potter… !
- Ah non… ! Mais… ?
- Il n’y a pas de mais qui tienne… ! le
coupa l’infirmière. Et puis, si ça peut vous rassurer, la remise de la coupe du
tournoi de Quidditch aura lieu demain soir… ! Donc, vous pourrez y
assister…, à moins que vous ne mettiez pas un peu plus de bonne
volonté… ! »
Lily
sourit en le voyant faire la grimace à cette remarque de l’infirmière.
* * * * *
C’était bien la première fois que
Potter et elle se trouvait dans la même pièce sans aucune hostilité… !
Mais, ça n’avait pas duré… ! Deux heures, à peine, plus tard, ils avaient
retrouvés leurs bonnes “vieilles habitudes”. La jeune fille soupira. Finalement, elle s’était
calmée, mais pas de la façon dont elle escomptait… ! Elle laissa son
regard errer un moment sur la surface du lac, perdue dans ses réflexions.
* * * * *
James
soupira, exaspéré, lorsque la porte se referma.
« Bon
débarras ! » marmonna-t-il, en se laissant choir sur le lit que
l’infirmière lui avait désigné.
Il
regrettait que Pomfresh ait refusé la présence de ses amis alors qu’elle avait
laissée passer Evans…
Tu admettras que c’est un peu
normal… ! souffla une petite voix dans sa tête. Après tout, les
Maraudeurs sont loin d’être célèbres pour leur calme et leur tenue, tu es bien
placé pour le savoir… ! Alors que Lily, elle, sait, au moins, se tenir
dans une infirmerie… du moins, c’était le cas jusqu’à ce que tu ne la mettes en colère…
James
chassa, d’un geste irrité de la tête ces pensées de son esprit, avant de
baisser les yeux sur sa main bandée. Le Cognard ne l’avait pas loupé… !
Aussitôt, il repensa à tout ce qui
s’était passé quelques heures plus tôt… Il avait beau se creuser les méninges,
il ne voyait pas ce qui avait pu arriver à son balai… ! Après tout, les balais
de Quidditch étaient
construits de telle
façon qu’il soit impossible de leur jeter un sort… ! Donc, il aurait fallut être
un expert en magie noire pour y parvenir… ! Du moins, c’était
l’explication du vendeur, lorsqu’il avait acheté ce balai…. ! Et
l’adolescent ne voyait vraiment pas comment un mage noir aurait pu se trouver à Poudlard à ce
moment-là… ! Quoiqu’il en soit, il ne pût s’empêcher de frissonner en repensant à ce qui
aurait pu lui arriver si
Harry n’était pas intervenu… ! Une chute de quinze – vingt mètres de haut,
ça ne pardonnait pas… ! Machinalement, il porta son attention sur le lit
qu’occupait son nouveau camarade… !
Cela
ne faisait qu’une semaine que Harry Calaway était là, et c’était déjà la
deuxième fois qu’il lui sauvait la mise, ou, pour être exact, la vie, en
mettant du même coup la
sienne en danger… ! Pourquoi Harry se donnait-il tant de peine à aider
quelqu’un qu’il ne connaissait que depuis peu… ?
« C’est
vraiment toujours comme ça entre vous deux… ? »
James
sursauta, revenant brutalement à la réalité, pour s’apercevoir que le héros du
jour était réveillé et l’observait, l’air amusé.
«- Ca dépend… ! Et encore, là
c’était rien… !
D’habitude, elle ne part pas sans m’avoir giflé… ! répondit nonchalamment James, comme si tout cela était
plus qu’habituel. Alors, comme tu vas… ? s’enquit-il, en quittant son lit,
pour venir s’asseoir près de Harry.
- J’ai connu mieux… ! Mais j’ai aussi connu
bien pire… ! C’est juste un coup de fatigue… ! commenta évasivement
le nouveau.
- Hum… ! En tout cas, tu nous as tous
fait une sacrée peur… ! Et Pomfresh ne semblait pas penser que tu te
réveillerais si
vite… ! Elle estimait plutôt ça à dans trois jours… ! »
Harry
sourit légèrement, puis son sourire s’effaça alors qu’il reportait son
attention sur la main bandée de son futur père.
«-
Au fait, comment va ta main ?
- Madame Pomfresh veut me garder jusqu’à
demain à l’infirmerie… ! Mais elle a dit que je ne pourrai enlever le
bandage que d’ici deux semaines… ! répondit James. Enfin, j’ai de la
chance de n’avoir que la main en piteux état… ! Ca aurait pu être pire si tu n’avais pas été
là… !
- Je n’aurai jamais réussi à te retenir sans
l’aide des autres… ! marmonna l’adolescent.
- Je sais pas comment c’est possible, mais je
suis certain que, d’une façon ou d’une autre, tu as réussi à ralentir notre
chute, avant que les autres ne viennent t’aider… ! rétorqua James. Quoi
qu’il en soit, c’est la deuxième fois que tu me sauves la vie… ! »
Il
y eut un instant de silence gêné, puis James se décida à reprendre la parole.
«-
Eh, vu que tu es réveillé…, il faudra que tu puisse sortir de l’infirmerie
demain soir… ! lança-t-il, gaiement. Après ce qui c’est passé, la remise
de la coupe a été reportée à demain… ! Il faut absolument que tu viennes,
étant donné le rôle important que tu as joué durant ce match… !
- Mais… !
- Allez, Harry, tu fais partie de l’équipe
désormais… ! Et, je peux dire, au nom de toute l’équipe, que ça nous ferait vraiment plaisir que tu
viennes… ! »
Harry
sourit légèrement.
«-
Ca dépendra surtout de l’infirmière… ! répondit-il.
- Oh, pour ça ne t’inquiète pas… ! Laisse
faire les Maraudeurs et tu verras qu’elle te laissera sortir pour demain
soir… ! assura James, malicieusement. Et… !
- Potter… ! tonna, à cet instant, Madame
Pomfresh en quittant son bureau et pénétrant dans l’infirmerie. Retournez à
votre lit et n’en bougez plus… ! Et laissez donc un peu tranquille
Calaway… ! »
James
leva les yeux au ciel, faisant en sorte que l’infirmière ne le voit pas, puis,
après avoir échangé un regard entendu avec Harry, il regagna le lit qui lui
était désigné, alors que l’infirmière venait s’occuper du nouveau, lui intimant
de se rallonger. Une demi-heure plus tard, relativement satisfaite de l’état de
santé de l’Attrapeur de l’équipe, elle quitta à nouveau l’infirmerie, en leur
faisant promettre de se reposer, ce que, bien sûr, ils ne firent pas du tout
car, sitôt l’infirmière sortie, le Maraudeur avait déjà quitté son lit.
«
Le problème c’est que l’infirmerie est d’un ennui mortel… ! commenta-t-il.
Et Pomfresh ne s’en rend pas compte… ! Alors, pour une fois que je ne suis
pas tout seul dans ce cas…, autant en profiter… ! »
Ils
passèrent ainsi une bonne partie de la journée à discuter de tout et de rien,
faisant semblant de se reposer, à chaque fois que l’infirmière revenait. Harry
ne pouvait s’empêcher de penser que Madame Pomfresh n’était pas dupe mais
qu’elle décidait, simplement, d’ignorer le petit manège des deux Gryffondor. Ce
ne fut qu’en fin d’après-midi qu’elle autorisa les Maraudeurs à venir, mais la
petite visite ne dura pas plus de cinq minutes.
«-
C’est une infirmerie ici, bon sang, pas un salon de thé… !
s’énerva-t-elle, en claquant la porte au nez de Sirius, Remus et Peter, avant
de revenir vers James et Harry. Et vous deux, allongez-vous et plus vite que
ça… ! Ou bien aucun de vous n’ira à cette cérémonie de remise de la
Coupe… !
- Mais… ?
- Il n’y a pas de mais qui tienne,
Potter… ! » rétorqua l’infirmière.
James
leva les yeux au ciel, s’arrangeant pour que Pomfresh ne puisse le voir et
adressa un regard entendu à Harry qui lui répondit par un sourire, avant que tous deux ne regagnent leur lit
respectif.
* * * * *
Ce
soir-là, Madame Pomfresh ayant fait une dernière visite à ses protégés les
avait laissé à l’infirmerie, comme prévu, pour qu’ils se reposent. Mais aucun
d’eux ne dormit
vraiment… !
James,
allongé sur le dos sur son lit, fixant le plafond de l’infirmerie, les bras derrière la
tête, était perdu dans ses réflexions. La vie était parfois bien
étrange… ! Depuis toujours, il avait eu une vie sans trop de soucis, partagée entre une mère bien trop
protectrice qui malgré son travail au Ministère de la Magie s’efforçait de
toujours au moins consacré
une partie de son temps à son fils unique (c’était d’ailleurs comme ça qu’il
avait rencontré Sirius, tous deux ayant fait connaissance par hasard, alors
qu’ils étaient contraints de rester bien “sagement” au Ministère, lorsque James était tombé sur Sirius
alors que celui-ci avait truffé les poubelles des bureaux de
Bombabouses… ! James l’avait couvert et, depuis, ils étaient devenus
inséparables… !), et un père Auror qui passait plus de temps à être par monts et par vaux plutôt que chez eux…, d’autant plus que
l’arrivée de Voldemort, sept ans plus tôt, au pouvoir n’avait guère arrangé les
choses…, rendant Franck Potter encore plus irritable lors de ses rares passages
au manoir Potter… En fait, autant qu’il s’en souvienne, James ne se rappelait
pas avoir déjà passé un quelconque bon moment avec son père… ! Mais il s’y
était habitué sans trop de problèmes… ! Et puis, l’absence paternelle était
en partie compensée par l’aide de Sirius qui s’arrangeait toujours pour le
faire venir avec eux, quand les Black allaient voir des matchs de Quidditch ou
des trucs du genre… ! Et puis était arrivée la lettre de Poudlard… !
Puis sa rencontre avec le mystérieux Remus et le peureux Peter… ! Et il y
avait aussi Evans… ! La jeune fille d’origine moldue qu’il avait rencontré
sur le Chemin de Traverse… ! Elle était complètement déboussolée et
visiblement perdue, se retrouvant soudain projetée dans un monde dont elle ignorait
tout… ! Tout de suite, il avait été séduit par les beaux yeux vert
émeraude de la jeune sorcière, mais aussi par la façon dont ses cheveux auburn captaient la lumière du soleil en
cette journée estivale… ! Avec Sirius, il lui avait proposé leur aide et
tous les trois avaient passés leur journée à faire leurs achats en discutant de
tout et de rien… ! Il ne l’avait pas revu jusqu’à la rentrée… ! Il
soupira… ! En fait, c’était une fois à Poudlard que leur fragile amitié
s’était dégradée…, sans qu’il n’en sache trop pourquoi… ! Il n’avait pas
vraiment compris ce qui c’était passé, mais, du jour au lendemain, une
animosité sans cesse grandissante s’était instaurée entre leurs deux
groupes… ! Evans et ses deux amies, Elsa Hopkins et Amy O’Connor, face aux
Maraudeurs… ! La miss Perfection-qui-sait-tout-mieux-que-tout-le-monde, la
commère de service (Elsa n’étant pas loin de rivaliser sur ce point avec Bertha
Jorkins) et la sagesse incarnée, face au quatuor infernal… ! Les quatre
adolescents s’étaient vite taillé une sacré réputation à Poudlard, autant chez
le personnel, enseignant ou non, que chez les élèves… ! Certes ils
faisaient perdre bon nombre de points à Gryffondor, mais James les rattrapait
non seulement en Quidditch (avec Sirius et ses coéquipiers) mais aussi par ses
bons résultats en cours (mine de rien, il était plutôt studieux en cours,
contrairement à ce qu’on pouvait croire, surtout en métamorphose et en vol…),
ce qui devait être à l’origine de sa nomination en tant que Préfet qui n’avait
fait qu’irriter d’avantage Evans… ! La miss-je-sais-tout de service qui
passait presque tout son temps libre à la Bibliothèque et à faire ses devoirs
et qui n’avait aucun sens de l’humour s’était sûrement sentie offensée par cette nomination qui
devait lui sembler injustifiée… !
Sirius,
Remus et Peter ne cessaient
de lui dire qu’ils étaient fait l’un pour l’autre, mais il refusait de croire
une telle chose possible… ! C’était risible d’essayer d’imaginer une telle
situation… ! Après tout, ils étaient radicalement différents et rien ne
semblait pouvoir les rapprocher… ! Et puis, elle détestait le
Quidditch… ! Lors du tout premier match, elle n’y était venue que pour
assouvir sa curiosité sur tout ce qui concernait le monde magique, mais elle
était partie avant même la fin du match…, pour ne plus jamais remettre les
pieds au stade… ! C’était pour cela qu’il avait été plus que surpris de la
voir, tout à l’heure, après le match mémorable… !
Le match… ! Rien que d’y
repenser, James ne put réprimer un frisson… ! Il devait bien avouer que ce qui s’était passé l’avait plus
qu’effrayé (et il imaginait déjà ce qui se trouverait dans la lettre que sa
mère ne manquerait inévitablement pas de lui écrire, dès qu’elle
l’apprendrait…)… de se
rendre compte qu’il n’avait plus aucun contrôle sur son balai qui cherchait à
se débarrasser de lui… ! Et s’il n’y avait pas eu Harry… !
Harry,
encore un autre point qui l’intriguait… ! Pourquoi, malgré le fait qu’il ne connaissait que depuis peu
ce garçon, avait-il l’impression de le connaître depuis toujours… ?
Pourquoi avait-il aussi confiance en lui… ? Pourquoi chacune des attitudes
et des réactions du nouveau lui paraissait aussi familière… ? Et pourquoi
se donnait-il autant de mal pour lui sauver la vie… ? D’abord en Potions…,
puis lors du match…, mettant sa propre vie en danger… ! Et puis, pourquoi
avait-il l’impression que leur nouveau camarade ne leur disait pas tout, qu’il
conservait une certaine distance… ? Mais James avait bien réussi à percer
le secret de Remus, et il découvrirait bien le mystère qui planait sur
l’étrange Harry Calaway… ! Il le trouverait, foi de James Potter, avec ou
sans l’aide des trois autres Maraudeurs… !
Un
élancement dans sa main droite le ramena à la réalité et il prêta un peu plus
attention au silence qui régnait dans l’infirmerie… ! Visiblement, Harry
ne dormait pas non plus… !
«-
Eh, Harry… ! chuchota-t-il.
- Oui… ? répondit, presque aussitôt ce
dernier, ce qui vint confirmer la supposition de James.
- Qu’est-ce que tu penses
d’Evans… ? » lâcha-t-il, presque inconsciemment, avant de rougir
brutalement en se rendant compte de ce qu’il venait de dire.
Il
y eut un long moment de silence.
«- Evans ? Tu veux dire,
Lily ?
- Oui, elle… ! Mais, non, laisse
tomber… ! Ca n’a pas d’importance… ! » répliqua, un peu trop
précipitamment James.
Il
y eut un silence gêné dans la pièce.
«-
Tu la connais mieux que moi, non… ? répondit évasivement Harry, au bout
d’un moment. Je veux dire, tu es dans la même classe qu’elle depuis près de six
ans…, alors que moi, je ne suis là que depuis quelques jours… ! Mais, si
tu veux mon avis, c’est quelqu’un qui mérite d’être connue… !
- Hum… ! marmonna vaguement James. Je
ferai mieux de te laisser dormir, si tu veux avoir des chances que Pomfresh te
laisse sortir… ! » ajouta-t-il finalement, après un nouveau silence,
plus bref que les précédents.
Harry
ne répondit que par un simple “Mouais… ! Et bien, bonne nuit !” sans
plus…
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